L’Agence européenne des médicaments (EMA) recommande la mise sur le marché d’un nouveau vaccin antirabique, VaxRabeo

La rage est une infection virale transmise par la salive d’animaux infectés, généralement par morsure, parfois par léchage au niveau d’une plaie ou par projection sur une muqueuse. Le virus est présent partout dans le monde, il infecte de nombreux mammifères : félins, dont les chats, canidés sauvages, dont les renards, ratons laveurs, bovins, caprins, équins. Récemment, des castors enragés ont attaqué plusieurs personnes dans le nord-est des USA. Plusieurs espèces de chauves-souris peuvent également être infectées, mais souvent sans déclarer de maladie, à la différence des autres animaux. Elles pourraient constituer le réservoir primitif du virus, transmis ensuite aux carnivores, devenus à leur tour réservoirs et principaux vecteurs. Ce sont les chiens domestiques qui sont le plus souvent responsables de la transmission à l’homme (99% des cas), à l’origine de la « rage urbaine » ou « rage des rues ». Chez l’homme comme chez l’animal sensible, le virus infecte les cellules nerveuses, réalisant une encéphalite d’évolution mortelle dans près de 100% des cas. Une fois les premiers symptômes apparus, aucun traitement ne se montre efficace : dans le monde, on ne compterait qu’une quarantaine de cas humains de guérison après une rage déclarée, alors qu’environ 60 000 cas sont recensés chaque année, et la maladie laisse toujours des séquelles lourdes et irréversibles.

Quelques pays, dont la France, sont parvenus à éliminer la rage dans les populations d’animaux sauvages et domestiques grâce à des mesures de vaccination systématique, de dépistage et de contrôle, notamment celui des importations d’animaux. Dans notre pays, depuis 1998, les seuls cas de rage humaine observés sont des cas importés (personnes mordues à l’étranger, surtout en Afrique et Asie, ou plus rarement par des animaux ramenés illégalement et sans précaution de ces pays), mais la présence de virus dans des populations de chauves-souris est documentée et surveillée. Il est donc nécessaire de disposer de vaccins, utilisables pour le traitement des cas suspects (vaccination post-exposition qui évite l’apparition de la maladie lorsqu’elle est pratiquée immédiatement après le contact infectant), ou en prévention en cas de risque lié à la profession ou à un voyage dans une zone d’endémie. Les deux vaccins actuellement disponibles (Rabipur® et Vaccin Rabique Pasteur) sont préparés à partir de virus entier, cultivé sur cellules en culture et inactivé. Ils sont tous deux utilisables dans tous les groupes d’âge et efficaces (100% de protection lorsque la vaccination est effectuée à temps et correctement), mais ils peuvent être, comme tous vaccins, à l’origine d’effets indésirables, notamment de nature allergique. Ces effets peuvent compliquer la réalisation des schémas vaccinaux de prévention ou de post-exposition, qui comportent toujours plusieurs injections (de 2 doses en 1 semaine, jusqu’à 6 doses à administrer en 28 jours). La mise à disposition d’un nouveau vaccin de composition différente pourra représenter une alternative lorsque la répétition des injections expose à des réactions adverses non maitrisables.

L’avis rendu le 17 septembre par le CHMP (Comité des médicaments à usage humain de l’EMA) sur le vaccin VaxRabeo mis au point par Sanofi Winthrop Industrie devrait permettre de disposer prochainement d’une troisième solution. VaxRabeo est également préparé à partir de virus rabique inactivé, il sera indiqué pour tous les groupes d’âge, en prévention, post-exposition ou en rappel après vaccination avec les autres vaccins. L’EMA publiera le résumé des caractéristiques du produit (RCP) lorsque la mise sur le marché aura été accordée.

Références

  1. VaxRabeo | European Medicines Agency
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